L’optimiste dira que la séance du vendredi 6 février était un retournement du marché baissier, après 50% de baisse depuis le plus haut de septembre et que « comme d’habitude », le BTC va se reprendre.
Le pessimiste dira que le BTC pourrait connaître une baisse de 80% comme plusieurs fois dans le passé : sur le plus haut de 125k, cela donnerait un objectif de 25k ! Bref, encore une baisse très importante par rapport au cour de 69k aujourd’hui 10 février.
De mon point de vue, les cryptomonnaies sont imprévisibles, car elle ne se rattachent à aucune donnée fondamentale. Ce sont des investissement purement et uniquement spéculatifs
La volatilité du Bitcoin (BTC ) durant la séance de vendredi 6 février a été exceptionnelle avec plus de 11000$ d’écart entre le plus haut et le plus bas, le bitcoin ouvrant au plus bas sous les 60k $ et terminant au plus haut, au dessus de 70000$.
Sur les deux dernières années (voir graphique), la plus célèbre cryptomonnaie a connu plusieurs phases :
. durant la dernière année de l’administration Biden, le BTC a évolué dans un range/tunnel autour de 60k $
. Après le résultat de l’élection présidentielle, il a fortement monté, en anticipation d’une réglementation plus favorable, le candidat Trump s’y était engagé. A part le petit creux du mois d’avril, le BTC a doublé de 60 à 120k $ durant les 9 premiers mois de l’administration Trump. Ce doublement est du à l’introduction de plusieurs ETF adossés au BTC émis par de grands établissements financiers. L’autorité de régulation, la SEC les a autorisé, ce qui ont donné un coup de fouet à cet actif, le rendant accessible à tout investisseur. Les volumes traités ont fortement augmenté.
Depuis son plus haut de septembre 2025 à 125k $, il a baissé de moitié jusqu’à la séance de vendredi dernier.Comme les volumes ont explosé en 2025, il est très probable que la vaste majorité des investisseurs soient perdants aux niveaux actuels du BTC. Je n’ai vu que deux éléments d’explication convaincante de cette baisse. D’une part, traditionnellement, le BTC est associé aux valeurs technologiques, et on a vu une baisse ces derniers mois des valeurs américaines de logiciels (au profit des semi conducteurs par exemple). D’autre part, la valeur refuge préférée des investisseurs a été l’or, qui a atteint des niveaux record, au détriment du BTC.
Cours du Bitcoin depuis février 2024, en $

Source: Boursorama
Comment comparer cette baisse de plus de 50% par rapport à l’historique de cette crypto ? Car des baisse de telle ampleur sont fréquentes. Et à chaque fois (jusqu’à maintenant?) le BTC s’est repris et a atteint de nouveau plus haut, en quelques jours ou quelques mois !
C’est le seul actif que je connaisse qui ait un tel comportement. Habituellement, quand un investisseur a perdu des montants importants de son investissement d’origine, il n’y retourne pas : une génération sépare deux marchés baissiers.
Deux exemples : l’or a fait un point haut en 1981, puis a baissé pendant 20 ans, avant de connaître un certain rebond. Il n’a retrouvé son niveau haut de 1981 que en 2005 !
Autre exemple, la bulle technologique américaine a explosé en 2000 avec une baisse de 80% de l’indice Nasdaq en 2 ans. Cet indice n’a atteint son niveau record de nouveau que en 2015.

Comment expliquer une telle évolution ?
La nature du BTC et des cryptomonnaies est spécifique : elles fonctionnent sans autorité centrale (État ou banque centrale), les transactions se font par blockchain, une nouvelle technologie transparente d’enregistrement public, et où les utilisateurs/ investisseurs restent inconnus. La quantité de BTC est limitée dès l’origine à 21 millions. Mais il existe maintenant des milliers de cryptomonnaies qui fonctionnent plus ou moins comme le BTC, lui font concurrence et élargissent le marché.
A mon avis, la valeur intrinsèque d’un BTC ( et d’une cryptomonnaie en général) est nulle : il ne génère aucune revenu, il n’est adossé à aucun actif réel qui peut servir de collatéral (entreprise ou immobilier par exemple), il n’est garanti par aucune autorité ni dans sa valeur, ni en termes de liquidité. C’est un actif purement spéculatif ; on l’achète avec l’unique espoir de le revendre à un prix plus élevé, sans aucune justification.
Mais les cryptomonnaies sont assises sur un rêve libertarien : ne dépendre d’aucune autorité (dans laquelle ce type d’ investisseurs n’a plus confiance) et se situer hors du système financier classique. La puissance de ce rêve est surprenante, mais réelle ; c’est de l’ordre de la croyance, non rationnelle, mais il faut en tenir compte.
De plus, il ne faut pas négliger un aspect réglementaire : il est possible, voire facile, d’investir de manière non officielle dans les cryptomonnaies non ou peu régulées, via des brokers spécialisés ou des plate-formes peu régulées, souvent de petite taille et particulièrement risquées. Les cryptomonnaies seraient devenues un chemin important de blanchiment d’argent noir. Ce qui explique une part non négligeable des flux d’achat sur ces investissements quel que soit le niveau des cours. En Europe, les réglementations se renforcent, mais ce n’est pas le cas aux États Unis , bien sûr, ni en en Asie.
Le BTC est imprévisible
L’optimiste dira que la séance du vendredi 6 février était une capitulation du marché baissier, et que « comme d’habitude », le BTC va se reprendre.
Le pessimiste dira que le BTC pourrait connaître une baisse de 80% comme plusieurs fois dans le passé : pourquoi s’arrêterait il à 50% de baisse ? Sur le plus haut de 125k, cela donnerait un objectif de 25k ! Bref, encore une baisse très importante.
De mon point de vue, les cryptomonnaies sont imprévisibles, car elle ne se rattachent à aucune donnée fondamentale. Lorsque l’on fait des prévisions sur les actions, on fait des hypothèses sur les entreprises suivies, leurs produits, leurs services, la croissance de leurs chiffres d’affaires, leurs marges, leurs valorisations (avec des ratios classiques).
Lorsque on analyse des obligations, on travaille sur les rendements comparés, sur la solidité financières des émetteurs, sur les risque de défaut, sur les rendements réels (par rapport à l’inflation).
Sur l’immobilier, on regarde les types d’immeubles (habitation, bureau, entrepôts…), les rendements locatifs, le coût du capital, les travaux d’entretien et investissements futurs.
Conclusions opérationnelles
Je ne mets pas un centime dans le BTC, je n’ai aucun moyen d’évaluer le risque ou la rentabilité escomptée d’un tel investissement. Les 10 dernières années montrent que ce jeu crypto a été payant, mais cela ne dit rien des 10 prochaines. Je ne tiens pas à partager ce rève libertarien !
Bref, en faisant des prévisions, on fait des hypothèses, des scénarios sur des variables connues. Avec le BTC, je ne sais pas comment faire car il n’y a aucune variable fondamentale propre à ces actifs. On en est réduit à faire des « souhaits/vœux » sur les flux futurs en fonction de l’actualité du moment.